A la recherche du lien secret entre Black Flag et Raymond Queneau.
“Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes.” (Exercices de style, quatrième de couverture)
Erick Lyle, anciennement Iggy Scam, est un écrivain valable. Son fanzine est un des rares exemples de publication punk “do-it-yourself” parlant de politique sans s’embourber dans des lieux communs. Scam ne s’occupe jamais, ou très rarement, de musique; ce numéro fait figure d’exception.
“Que dire de Black Flag qui n’ait pas déjà été dit?” se demande l’ex-fan du groupe, désormais muséifié. La question est légitime, tant les livres, articles, interviews, chroniques et analyses à sa gloire se sont multipliés ces dernières années. Les quatre barres noires étaient, jusque récemment, un signe de reconnaissance entre marginaux. Elle sont aujourd’hui un accessoire-chic pour citoyens de bon goût. Tant pis pour les croyants – le vingt-et-unième siècle, ce bébé monstrueux, s’est empressé d’avaler, digérer et recracher le cadavre de l’ex groupe-le-plus-dangereux-d’Hermosa-Beach, avec le consentement enthousiaste de ses anciens membres.
Rien de nouveau sous le soleil, donc.
